Les faits
Quelles sont les causes de la dépendance?
Certaines personnes consomment de l’alcool ou d’autres drogues pour composer, à court terme, avec des sentiments pénibles ou douloureux. Par exemple : pour diminuer l’impression que leurs problèmes sont graves ou pour parler ou se joindre à d’autres personnes plus facilement. Elles peuvent en venir à croire qu’il leur est impossible de fonctionner sans alcool ou autres drogues. Leur consommation peut alors devenir une habitude dont il est difficile de se défaire.
Par ailleurs, des chercheurs ont considéré la génétique et l’environnement, et une combinaison des deux peut expliquer comment se développent les dépendances. On croit couramment que certaines personnes sont génétiquement susceptibles de devenir dépendants. Mais en soi, ce n’est pas assez pour développer une dépendance. Les circonstances de la vie d’une personne jouent un rôle important dans la détermination des dépendances.
Facteurs génétiques
Des études ont démontré que le risque d’avoir un trouble lié à l’abus d’alcool et d’autres drogues est plus élevé chez les personnes dont un des proches parents a un tel trouble. Toutefois, un grand nombre de personnes génétiquement vulnérables à la toxicomanie ne développent pas une dépendance aux drogues alors que d’autres, qui n’ont pas d’antécédents familiaux de toxicomanie, le font.
Interaction de l’effet des dépendances avec le cerveau
Les dépendances ont comme effet de stimuler le cerveau et de procurer ainsi un sentiment de bien-être. Elles stimulent la production de dopamine, une substance chimique du cerveau qui est associée à la récompense et au plaisir. Comme le cerveau tente d’établir un juste équilibre, en s’accoutumant à la présence d’une drogue par exemple, il faut en consommer toujours plus pour atteindre le même sentiment de plaisir. Le cerveau s’adapte aussi en réduisant la quantité de dopamine pouvant être produite. Cela explique en partie pourquoi les personnes aux prises avec une dépendance disent qu’elles se sentent « à plat » et déprimées lorsqu’elles ne prennent pas de drogue.
La santé mentale
Plus de la moitié des personnes ayant un trouble lié à la consommation d’alcool et d’autres drogues ont également des problèmes de santé mentale, particulièrement l’angoisse ou la dépression, au cours de leur vie.
Composer avec les pensées et les sentiments
Certains consomment pour composer avec des émotions ou des situations pénibles et parce l’alcool et autres drogues régularisent leurs émotions. D’autres en consomment parce qu’ils sont stressés ou tristes, qu’ils s’ennuient, ou pour atténuer leurs inhibitions et ainsi facilité à parler ou à exprimer leurs émotions plus facilement.
Les émotions qui sont difficiles de gérer peuvent être générées notamment par le milieu où l’on vit et le degré d’intégration à ce milieu.
Appartenance spirituelle ou religieuse
L’un des aspects de la spiritualité qui touche un grand nombre de personnes est le besoin de sentir que nous sommes liés les uns aux autres et au monde qui nous entoure. Les personnes qui n’ont pas noué ce genre de liens spirituels peuvent sentir un vide ou un manque d’espoir. L’alcool et autres drogues peuvent dissimuler ces sentiments.
Qu’est-ce que la dépendance à une substance?
La toxicomanie est une dépendance aux jeux de hasard et d’argent ou à une ou plusieurs substances qui s’installent progressivement après une période de consommation régulière. Au fur et à mesure que l’usage de ces substances ou que le jeu se poursuit, les gens peuvent commencer à accorder plus d’importance à l’alcool aux drogues ou au jeu qu’à d’autres aspects de leur vie.
Le phénomène peut prendre des formes très différentes d’un consommateur/joueur à l’autre. Il s’accompagne d’un sentiment de perte de contrôle et de souffrance.
Il y a dépendance psychologique lorsqu’une personne croit qu’elle doit prendre de la drogue pour fonctionner, se sentir à l’aise ou faire face à leur quotidien, par exemple.
Il y a dépendance physique lorsque l’organisme s’est habitué à la présence d’une drogue. La personne s’est accoutumée à la drogue, ce qui signifie qu’elle doit en prendre davantage pour ressentir les mêmes effets. Lorsqu’elle cesse de prendre de la drogue, elle éprouve les symptômes du sevrage.
Au Québec, le risque de dépendance à l’alcool est nettement plus élevé chez les 15-24 ans.
Qu’est-ce que le jeu pathologique?
Selon le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux de l’American Psychiatric Association (toxquebec.com), le jeu devient pathologique lorsqu’il y a une pratique inadaptée, persistante et répétée du jeu. Les manifestations sont diverses façons comme le besoin de jouer avec des sommes d'argent croissantes pour atteindre l'état d'excitation désiré, une agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d'arrêt de la pratique du jeu, retourner souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes, mentir à sa famille, à son thérapeute ou à d'autres pour dissimuler l'ampleur réelle de ses habitudes de jeu et bien d’autres incluant le recours à des actes illégaux pour se procurer de l’argent.
Bref, comme pour les autres dépendances (cigarettes, alcool et drogues), la dépendance au jeu se manifeste par :
- l’incapacité de penser à autre chose ;
- le besoin de jouer de plus en plus ;
- le fait de s'adonner au jeu par tous les moyens, peu importe le coût .
Selon une enquête menée en 2000, les motivations initiales qui poussent les Québécois à jouer sont l’appât du gain pour la loterie, la socialisation pour le bingo et les courses de chevaux et le divertissement pour le casino et les paris aux courses de chevaux.
Chiffres concernant le Québec
En 2001-2002, parmi les patients hospitalisés avec le syndrome de dépendance à l’alcool comme diagnostic principal :
- 71.6 % étaient des hommes
- 28.4% étaient des femmes
En 2001-2002, parmi les patients hospitalisés avec pharma-codépendance à la cocaïne comme diagnostic principal :
Sur 328 admissions, 59.1 % étaient des hommes et 40.9% étaient des femmes
En 2000,
- les personnes avec problèmes de santé mentale étaient deux fois plus à risque que les autres d’avoir un trouble relié à l’alcool et avaient quatre fois plus de risques d’abuser d’autres drogues ;
- lors d’une étude menée dans des centres de réadaptation, 88 % des usagers avaient un trouble de la personnalité tel qu’un fonctionnement rigide, une tendance à se maintenir dans des situations dysfonctionnelles qui entraînent des échecs successifs, une faible résistance au stress, etc. ;
- les gens souffrant de troubles bipolaires avaient un taux 11 fois plus élevés d’abus de substances que dans la population en général ;
- les troubles reliés aux drogues étaient présents dans les cas de suicide dans une proportion de 30 % à 50 % ;
- 30.9% des garçons (13-17 ans) ayant des problèmes reliés au jeu consommaient des psychotropes de façons abusives ;
- les jeunes décrocheurs consommaient 10 fois plus de drogue et 3 fois plus d’alcool que ceux qui ne décrochaient pas.
En 2002, 80,7% des adultes ont eu recours aux jeux de hasard et d’argent. De ce nombre, 2,1% (ou 1,7% de la population totale) ont une situation de jeu que l’on qualifie de problématique (1,1% à risque et 1,0% pathologique). En 1994, 2,4% des adolescents de la grande région métropolitaine de Québec présentaient des habitudes de jeu dites problématiques ou pathologiques. Une hausse par rapport à 1988, alors que la prévalence de la problématique était à 1,7%.
Statistiques canadiennes
Niveaux des problèmes de jeu par province canadienne (2005)
| Manitoba |
2.9 % de la population |
| Saskatchewan |
2.9 % de la population |
| Alberta |
2.2 % de la population |
| Nouvelle-Écosse |
2.0 % de la population |
| Ontario |
2.0 % de la population |
| Terre-Neuve |
1.9 % de la population |
| Île-du-Prince-Édouard |
1.9 % de la population |
| Colombie-Britannique |
1.9 % de la population |
| Québec |
1.7 % de la population |
| Nouveau-Brunswick |
1.5 % de la population |
- de deux à trois fois plus fréquente chez les hommes que chez les femmes ;
- la plus répandue chez les personnes âgées de 15 à 24 ans (Statistiques Canada, 2003)
En 2002, selon Statistiques Canada, 2.6 % des Canadiens avaient une dépendance à l’alcool et moins de 1 %, une dépendance aux drogues illégales. Toutefois, ces chiffres ne tiennent pas compte de l’incidence totale des problèmes d’abus d’alcool et d’autres drogues au Canada. Par ailleurs, selon certaines estimations, plus de 25 % des hommes et près de 9 % des femmes qui prennent de l’alcool sont des buveurs « à risque élevé ». On considère que ces personnes ont une consommation d’alcool dangereuse et nocive pour elles-mêmes ou pour autrui, même si elles n’ont pas nécessairement de dépendance.
Tout comme la toxicomanie, il semble que le problème de jeu pathologique soit principalement masculin. En 1996, on estimait qu’environ 25 % des joueurs pathologiques étaient des femmes.
Les jeunes de l’Outaouais
Une enquête réalisée par la Direction de la santé publique en Outaouais en 2002 auprès des jeunes du secondaire de 12 à 18 ans :
- 59 % consommaient de l’alcool (15 % à toutes les semaines) ;
- 34 % consommaient du cannabis ;
- 16 %, surtout situés dans le groupe des 16-18 ans, consommaient des hallucinogènes.
Perception des Canadiens de l’alcool et des drogues
Les Canadiens estiment que la consommation de drogues pose un problème grave, mais ce problème ne leur semble pas nécessairement « près de chez eux ». Ce schéma de réponse vient probablement du fait qu'on suppose que la consommation de drogues injectables et la consommation de substances inhalées sont des problèmes localisés et qu'ils sont circonscrits aux groupes de personnes les plus vulnérables.
Les opinions des Canadiens sont partagées en ce qui concerne l'âge légal pour consommer de l'alcool et l'interdiction de la publicité sur les boissons alcoolisées à la télévision.
Les Canadiens estiment pour la plupart que la disponibilité des drogues, la détresse psychologique et les problèmes familiaux sont les principales raisons qui poussent à la consommation de drogues et que la consommation de drogues représente un danger pour tous.
Sources
- Alberta Alcohol and Drug Abuse Commission
http://www.aadac.com/
- La consommation de psychotropes : portrait et tendances au Québec
http://www.educalcool.qc.ca/
- Fédération québécoise des centres de réadaptation pour personnes alcooliques et autres toxicomanes
http://www.fqcrpat.org/conceptiontoxico.php
- Direction de la santé publique en Outaouais
- Centre canadien de lutte contre l’alcoolisme et les toxicomanies
- Santé Canada, Opinions, attitudes et connaissances - Enquête nationale sur la consommation d'alcool et d'autres drogues par les Canadiens - Enquête sur les toxicomanies au Canada (ETC)
- Centre de toxicomanie et de santé mentale (anglais disponible)
- Ministère de la santé et des services sociaux du Québec (http://dependances.gouv.qc.ca/index.php?toxicomanie_alcool_drogues) anglais disponible : Source : Les jeux de hasard et d’argent : savais-tu que… et Les vraies couleurs du jeu
- toxquebec.com
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